On entend souvent dire : « Je suis bilingue » ou « Je parle cinq langues ». Dans une conversation, c’est impressionnant. Mais dans le monde de l’interprétation de conférence, la réalité est bien plus nuancée. Pour un.e professionnel.les, toutes les langues ne sont pas égales. Elles sont classées selon un code précis : A, B et C. Un jargon un peu mystérieux ? Absolument. Mais ce code est en réalité la garantie la plus fiable de la qualité et de la précision d’un interprète.
Dans cet article, on décode tout ça pour vous, simplement.
Qu’est-ce que la « combinaison linguistique » ?
Avant de parler de lettres, parlons de l’ensemble.
La combinaison linguistique d’un.e interprète, c’est simplement la palette de langues avec lesquelles il ou elle travaille. Ce n’est pas juste une liste, mais une architecture précise de compétences. C’est là que les lettres A, B et C entrent en scène.
Le classement des langues : A, B, C, késako ?
Imaginez les langues d’un interprète non pas comme une liste, mais comme une hiérarchie de maîtrise. Chaque lettre correspond à un niveau de compétence différent et, surtout, à un usage différent en cabine.
- La Langue A : La langue maternelle, la perfection sans effort.
- C’est la langue vers laquelle l’interprète traduit. C’est sa langue maternelle, ou une langue maîtrisée à un niveau équivalent (ce qui est rare, mais possible).
- L’analogie : C’est le système d’exploitation de son cerveau. C’est la langue de ses rêves, de son humour, de ses émotions. La maîtrise est si profonde que l’interprète peut y exprimer les idées les plus complexes avec une aisance et une précision totales.
- En pratique : Pour moi, l’italien et l’arabe sont mes langues A. Je traduis depuis le français ou l’anglais vers ces deux langues.
- La Langue B : La maîtrise active, quasi-native.
- C’est une langue que l’interprète ne considère pas comme maternelle, mais qu’il ou elle maîtrise parfaitement. Il ou elle peut non seulement la comprendre, mais aussi s’y exprimer avec une grande aisance.
- L’analogie : Si la langue A est un instrument de musique qu’on a fabriqué soi-même, la langue B est un Stradivarius qu’on a étudié pendant 20 ans. On en connaît chaque secret et on peut en jouer brillamment.
- En pratique : L’anglais et le français sont mes langues B. Je peux interpréter depuis ces langues vers mes langues A, et également depuis mes langues A vers elles.
- La Langue C : La compréhension passive parfaite.
- C’est une langue que l’interprète comprend à la perfection, dans toutes ses subtilités, ses accents et ses registres. Cependant, il ou elle ne l’utilise pas activement pour s’exprimer en interprétation.
- L’analogie : C’est comme avoir un récepteur audio ultra-sophistiqué capable de capter la moindre nuance d’un signal, mais sans le micro pour émettre en retour.
- En pratique : L’interprète travaille depuis sa langue C, mais jamais vers elle. Cela garantit que le message restitué dans sa langue A soit toujours impeccable.
En quoi cette classification est-elle un gage de qualité pour votre événement ?
Ce jargon n’est pas un simple détail académique. C’est une norme internationale qui vous protège et garantit le succès de votre communication.
- Si vous organisez des sommets internationaux : Savoir que votre interprète a votre langue cible en langue A, c’est l’assurance que le message de vos orateurs ne sera pas seulement « traduit », mais véritablement transmis avec l’impact, le style et la persuasion de l’original. C’est la différence entre une communication fonctionnelle et une communication qui inspire.
- Si vous êtes conseiller.e juridiuque ou chef.fe de projet ONG : Dans vos domaines, la précision n’est pas une option, c’est une nécessité. Un terme mal interprété dans un contrat ou un rapport humanitaire peut avoir des conséquences graves. Exiger un interprète dont la combinaison linguistique est parfaitement adaptée à vos besoins (par exemple, Arabe (A) <-> Français (B)), c’est une mesure de gestion des risques. C’est choisir une expertise chirurgicale plutôt qu’une connaissance générale.
La classification A, B, C n’est donc pas faite pour compliquer les choses, mais au contraire pour les clarifier. C’est un standard professionnel qui assure que la personne dans la cabine ne se contente pas de « parler la langue », mais la maîtrise comme un artisan maîtrise ses outils les plus précieux.
C’est la promesse d’une communication fluide, précise et authentique.
Vous organisez un événement international et vous vous demandez quelle est la combinaison linguistique idéale pour atteindre vos objectifs ? Parlons-en, je serai ravie de vous conseiller.
